LA SUISSE, LE VOISIN MECONNU

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La Suisse et la France ne partagent pas seulement une langue et 573 km de frontière, mais sont également des partenaires de travail historique. A l’échelle mondiale, la Suisse est ainsi le pays où la présence française est la plus forte : chaque jours, 140 000 travailleurs de l’hexagone traversent la frontière pour travailler en Suisse, où vivent déjà 160 000 de leur compatriotes, une somme ! (Photo ci-dessus: le lac de Leman)

Est-il pour autant aussi simple qu’il est courant de travailler avec des Suisses ? La réponse est non, évidemment, car la Suisse est un modèle à part, une singularité européenne réfugiée dans son écrin alpin. Mosaïque du vieux continent, la Suisse a relevé le défi multiculturel pour forger sa propre culture, dont il est primordial de maitriser les tenants pour espérer y mener à bien tout projet professionnel.

Les Suisses ont un modèle différent et ils en sont fiers. Fiers de leur système politique, qu’ils vantent comme le plus démocratique au monde. Fiers d’une santé économique insolente, faisant pâlir d’envie nombre de pays voisins et attirant investisseurs et travailleurs du monde entier. La clé de voûte d’un tel succès ? La confiance : l’entrepreneur suisse travaille dans un environnement solide avec un système juridique indépendant et efficace, une fiscalité stable et prévisible.

Ce contexte avantageux et ce sentiment de fierté ont des répercussions sur le quotidien des salariés, qui se plaisent dans leurs entreprises et travaillent entre 40 et 44 heures par semaine. Un rythme soutenu mais parfaitement accepté : plusieurs referendums – ou « votations », comme on les appelle en Suisse – proposant de réduire le temps de travail ou d’augmenter la durée des congés ont été rejetés…

flagg and swiss alps

Plus largement, les Suisses sont très attachés à leur réussite, qui passe par celles de leur carrière, de leur entreprise et de leur pays. Cet état d’esprit suscite chez eux un mécanisme d’auto-responsabilisation et de poursuite du résultat et de l’efficacité. La « pression pour la pression » ne fait donc aucun sens en Suisse : forcing et logiques de conflits sont inopérants. Dès lors, le rôle du manager n’est pas tant de pressuriser ses collaborateurs que de les sensibiliser à l’objectif déterminé et au résultat que vous attendez d’eux. De la même manière, le responsable hiérarchique se doit de tenir ses engagements et ses résultats pour faire figure de modèle. Les relations professionnelles sont basées sur la confiance et la transparence, les conflits sont rares, l’on attend donc de vous que vous disiez ouvertement ce qui pourrait être améliorer.

Rigueur et anticipation : les clés de la réussite ?

La montre Suisse n’est pas qu’un mythe historique : la ponctualité est une valeur essentielle du rapport au temps des Helvètes. Tout le monde se doit d’être à l’heure, il est presque impossible de prendre du retard. Considérant cette rigueur, ne soyez pas étonné qu’un collègue vous appelle pour vous annoncer un retard de 3 minutes !

Habituellement, les réunions sont très bien préparées. Les interlocuteurs suisses ont étudié les dossiers et élaboré une stratégie pour toute éventualité. Ils tirent profit de la connaissance du dossier et de l’anticipation des scénarii. La culture de la négociation est inscrite dans l’ADN suisse. C’est ainsi que ce « petit pays » a pu défendre ses frontières et sa neutralité à travers les siècles.

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Photo: Le Lion de Lucerne (en allemand : Löwendenkmal) est une sculpture située à Lucerne, en Suisse. Dessinée par Bertel Thorvaldsen, puis sculptée en 1820-1821 par Lukas Ahorn, elle commémore les mercenaires suisses morts au service du roi Louis XVI de France, en 1792, lorsque les révolutionnaires prennent d’assaut le Palais des Tuileries à Paris. L’écrivain Mark Twain décrit la sculpture, représentant un lion mortellement blessé, comme « la pièce de pierre la plus triste et émouvante du monde »

Le Suisse est patient et tenace. Ce qu’il ne reçoit pas tout de suite, il le recevra la prochaine fois. Il s’agit de négocier un deal judicieux, qui tient la route, financièrement, opérationnellement et apporte un avantage certain. Cette posture d’exigence est d’ailleurs un impératif culturel : le contrôle social pourrait surprendre les moins avertis. En travaillant avec les Suisses, il faut s’attendre à juger et être jugé en permanence. Le destin collectif étant considéré comme la somme des actions individuelles, on attend de chacun qu’il reste dans son rôle et qu’il l’assume. Par exemple, pour un retard, le reproche viendra davantage des autres membres de l’équipe que du chef lui-même.

Cette solidarité structurelle recouvre aussi des aspects plus détendus et les rapports entre les salariés sont généralement très cordiaux. Les sorties ensemble sont fréquentes, à l’heure du déjeuner ou en « after work », n’hésitez donc pas à y prendre part dès que l’occasion vous en sera donnée. Côté privé, il n’est pas pour autant très facile de se faire des amis. C’est le temps qui fera la différence, car une fois que vous êtes amis, vous l’êtes pour la vie !

La Suisse est multiculturelle et cosmopolite. On y trouve quatre langues officielles et deux religions dominantes. Son économie est largement mondialisée, les travailleurs viennent de partout, plus de 20% de la population sont des étrangers (plus de 50% à Genève). La Suisse est tolérante. Pour réussir dans les affaires, il ne faut pas vouloir s’assimiler, « devenir suisse », il faut rester authentique. Cette authenticité sera récompensée.

copyright mars 2014 de concert communication

 

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